Les FODMAPs

Voici une série d’articles sur les FODMAPs très intéressants. Et oui, c’et beau coup de lecture, mais allez, vous le valez bien ^^

Dans la famille FODMAPs, la lettre O correspond aux oligosaccharides : fructo-oligosaccharides (FOS) et galacto-oligosaccharides ou GOS. En d’autres termes, le « O » des FODMAPs, désigne des sucres non dérivés de l’amidon qui correspondent à des fibres alimentaires végétales. Alors, voyons un peu plus en détail ce que sont ces FOS et ces GOS.

Les oligosaccharides, qu’est-ce que c’est ?

Les FOS correspondent à des chaînes de quelques unités de petits sucres, principalement le fructose. Selon la longueur et la composition de ces chaînes, ils sont décrits comme des fructanes (chaînes plus courtes), inuline (chaînes plus longues) ou levanes. On les assimile à des fibres solubles.
On les retrouve principalement dans le blé, le seigle, l’orge, l’ail, les oignons, les choux, les topinambours, les artichauts, les asperges, la betterave, les poireaux, le chocolat, la chicorée.

À découvrir sur le même sujet : Comprendre les FODMAPs.

Quant aux GOSn ce sont des chaînes courtes constitués principalement de galactose. Par exemple, raffinose et stachyose sont des GOS souvent présents dans certains aliments tels que : artichaut, légumes secs comme pois chiches, haricots rouges, lentilles, algues….

Aussi, les FOS et GOS sont des fibres dites solubles. Elles ne sont pas absorbées par l’organisme. Elles traversent ainsi les intestins et se retrouvent au niveau du gros intestin, où elles sont fermentées par la flore intestinale.

Quelques aliments et leur teneur en oligosaccharides

Fructo-oligosaccharides

Teneur en fructo-oligosaccharides pour certains aliments

Galacto-oligosaccharides

Teneur en Galacto-oligosaccharides pour quelques aliments

Les effets des FOS et GOS chez les personnes bien portantes

Chez la plupart des personnes, FOS et GOS sont assimilées à des « prébiotiques », c’est-à-dire qu’elles favorisent la prolifération des bactéries probiotiques, des bactéries ayant un effet bénéfique pour l’organisme. Les FOS et les GOS ne sont ni digérées ni assimilées au niveau de l’intestin.
De fait, les FOS et GOS, assimilées à des fibres solubles, deviennent visqueuses au contact du chyme intestinal (liquide intestinal comprenant une partie des aliments partiellement digérés). Par effet osmotique, des liquides arrivent alors au niveau de la lumière intestinale, favorisant ainsi le transit intestinal.

À découvrir sur le même sujet : Le F de FODMAPS, ça vous parle ?

Ces prébiotiques ont donc plusieurs effets bénéfiques :
– modification de la composition et des activités de la flore intestinale, selles améliorées,
– amélioration de l’absorption du calcium et d’autres minéraux,
– régulation des peptides endocriniens gastro-intestinaux,
– immunité renforcée et augmentation de la résistance aux infections,
– réduction du risque d’infections intestinales, du cancer du côlon, d’ostéoporose et d’obésité.

FOS, GOS et … syndrome de l’intestin irritable

Certaines personnes sont plus sensibles à des apports en FOS par exemple. Il s’ensuit donc des troubles digestifs, avec des diarrhées importantes ainsi qu’une augmentation des gaz, de flatulences, de crampes intestinales et des ballonnements. Ce sont des symptômes importants chez les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable.

À découvrir sur le même sujet : symptômes et diagnostic du syndrome de l’intestin irritable.

Sources

– Muir J. et al., « Fructan and free fructose content of common Australian vegetables and fruit », J Agric Food Chem, 2007, 55, p. 6619-6627.
– Food Standards of Australia and New Zealand tables.
– L’Homme et al., « Evaluation of fructans in various fresh and stewed fruits by high-performance anion-exchange chromatography with pulsed amperometric detection », J Chromatogr A, 2001, 22, p. 291-297.
– Van Loo J. et al., « On the presence of inulin and oligofructose as natural ingredients in the western diet », CritRev Food SciNutr, 1995, 35, p. 525-552.
– Food Intolerances.
– Shepherd SJ et al., « Short-Chain Carbohydrates and Functional Gastrointestinal Disorders », Am J Gastroenterol, 2013, 108, p. 707–717.

RAPHAËLLE SANTARELLI

Dans la famille FODMAPs, la lettre « F » correspond à la fermentation. Les FODMAPs désignent de petits sucres fermentescibles par la flore intestinale. Mais savez-vous ce qu’est la flore intestinale ? Et la fermentation ? Et, quel rôle a la fermentation dans le syndrome de l’intestin irritable (SII) ? Nous allons vous expliquer tout ça dans cet article ! 

À découvrir sur le même sujet : Comprendre les FODMAPs.

La flore intestinale, indispensable à notre survie

La flore intestinale correspond à tous les micro-organismes présents dans notre organisme, et spécifiquement dans nos intestins ! Eh oui ! De millions, pardon, des milliards de micro-organismes vivent dans notre côlon principalement. Ces micro-organismes sont des bactéries, virus ou des champignons qui pourraient atteindre 2 kgs de notre poids ! Impressionnant, non ?

Le microbiote d’un individu se constitue dès sa naissance, au contact de la flore vaginale après un accouchement par voie basse, ou au contact des micro-organismes de l’environnement pour ceux nés par césarienne.

Les multiples rôles des micro-organismes

Ces micro-organismes, au nombre de 160 espèces, jouent différents rôles :
– Ils ont un rôle dans notre système immunitaire, c’est-à-dire qu’ils nous aident à lutter contre les infections,
– Ils jouent un rôle dans la prévention de l’inflammation ainsi que dans la prévention de certains cancers (comme le cancer du côlon),
– Ils sont impliqués dans le processus de digestion : ils améliorent l’absorption de certains nutriments par exemple, ils assurent la fermentation des substrats et des résidus alimentaires non digestibles,
– Ils participent à l’élaboration de la vitamine B12 ou d’autres métabolites.

À découvrir sur le même sujet : Le microbiote, un nouveau Graal ?

La répartition dans le tube digestif dépend de la teneur du milieu en oxygène, des sécrétions du tube digestif, des nutriments disponibles ou bien même de la vitesse du transit. Il en résulte une répartition suivante :
– La flore bactérienne est quasi inexistante dans l’estomac, du fait du pH très bas de cet organe et des sécrétions acides.
– Dans l’intestin grêle, au fur et à mesure qu’on se rapproche du côlon, on observe une disparition des bactéries aérobies (c’est-à-dire des bactéries qui vivent en présence d’oxygène) au profit des bactéries anaérobies (c’est-à-dire qui peuvent vivre sans oxygène). C’est à cet endroit que sont concentrées certains bactéries telles que Lactobacillus, Streptococcus, et à quelques espèces de la famille des Enterobacteriaceae.
– Dans le côlon, la flore intestinale est très concentrée du fait d’un transit très ralenti. C’est là où les phénomènes de fermentation sont très importants. La flore y est anaérobie et il y a une large production de métabolite à ce niveau-là de l’intestin. On y retrouve Bacteroides, Eubacterium, Bifidobacterium, Peptostreptococcus, Ruminococcus, Clostridium, Propionibacterium.

Comment fonctionne le microbiote intestinal ? ©Pixscience pour l'Inserm

Les différentes fermentations

La fermentation est une réaction biochimique qui consiste à libérer de l’énergie à partir d’un substrat organique sous l’action d’enzymes microbiennes et à rejeter des produits. En d’autres termes, il s’agit d’une transformation de molécules en d’autres molécules sous l’action d’enzymes bactériennes.
Et, nous l’avons vu plus haut, il existe des bactéries aérobies ou anaérobies, ce qui sous-entend qu’il y aura différents types de fermentations.

– La fermentation lactique

De l’acide lactique est formé à partir du glucose (petit sucre).

– La fermentation propionique

Des acides et des gaz sont produits à partir du glucose.

– La fermentation alcoolique

Il y a formation d’éthanol et de dioxyde de carbone à partir du glucose

Il existe encore de nombreuses réactions de fermentations. Ces fermentations sont utiles pour un individu sain afin de finaliser la digestion de certains nutriments non métabolisés au niveau de l’intestin.

Fermentation et syndrome de l’intestin irritable

Chez les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable (SII), ou colopathie fonctionnelle, une malabsorption de petits sucres au niveau intestinal entraîne une arrivée massive de ces petits sucres au niveau du côlon.

À découvrir sur le même sujet : Comprendre le syndrome de l’intestin irritable (SII).

Et là, les bactéries se régalent ! Elles vont fermenter ces petits sucres, induisant une grande production de gaz.
Et les diverses fermentations qui s’en suivent sont à l’origine de la formation de différents gaz : le méthane semble le gaz le plus produit chez les patients atteints de SII, mais on note également du di-hydrogène, du gaz carbonique, des acides gras volatiles, etc..

Une hypersensibilité intestinale chez les personnes souffrant de SII

Mais ce n’est pas cette augmentation de volume qui est la cause de ballonements: les recherches ont démontré que le volume des gaz chez les personnes qui se plaignent de ballonnements n’est pas anormal. Malgré une distension visible, les rayons X et la tomodensitométrie ne révèlent pas d’accumulation de grandes quantités de gaz intestinaux. Une hypersensibilité intestinale peut expliquer la sensation de ballonnement abdominal et donc des maux de ventre. L’intestin hypersensible reçoit une sensation de plénitude à un degré de remplissage plus faible que la normale et les muscles abdominaux se relâchent pour s’adapter à la distension ressentie.

Chez les patients atteints du syndrome de l’intestin irritable qui se plaignent de distension, le volume de l’abdomen peut augmenter de 3 à 4 cm en une période de 8 heures. La tomodensitométrie a démontré une modification de ce profil malgré l’absence de changement du contenu en gaz ou de leur distribution. On n’observe pas de modification correspondante chez les témoins normaux. Parfois, on note une augmentation de lordose lombaire (colonne vertébrale arquée). Peut-être les muscles abdominaux sont-ils affaiblis. La réalité du phénomène est indiscutable, mais le mécanisme demeure malgré tout encore un mystère !

Ainsi, un régime pauvre en FODMAPs ne soignera pas le SII, mais limitera grandement les symptomes liés à cette pathologie.

Sources

– Cummings J.H., « The large intestine in Nutrition and Disease », Danone Chair Monograph, n°3, 1997, ed. Institut Danone, Bruxelles.
– Barett J.S., « Extending Our Knowledge of Fermentable, Short-Chain Carbohydrates for Managing Gastrointestinal Symptoms », Nutrition in Clinical Practice, 2013, Vol. 28 (3), p. 300–306.
– IA-IPR Physique-Chimie, Abécédaire de chimie organique.
 Inserm.
– Dr Paul WIESEL, Gastroentérologue FMH, Centre Médical d’Epalinges, « Ballonnement et flatulences et gaz intestinaux »

RAPHAELLE SANTARELLI
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