Quand vos intestins disent « non »…

Pour en savoir plus : https://www.santenatureinnovation.com/quand-vos-intestins-disent-non/#moz  vendredi 3 juin 2016 – par Dr. Dominique Rueff

 

Chère amie, cher ami,

Vos magazines préférés vous montrent des jeunes femmes très minces sur des couvertures et vous incitent à perdre les quelques kilos disgracieux que vous avez accumulés …

Pour se renouveler, ces journaux inventent régulièrement des régimes différents : le « régime sans ceci » ou le « régime sans cela »…

Pendant quarante ans, j’ai vu défiler dans mon cabinet médical des femmes et des hommes qui avaient des problèmes de poids. Certains me demandaient quel régime choisir…

L’expérience m’a appris à bannir ces « régimes pour tous » pour tenter au contraire d’individualiser la nutrition de chacun. De la même manière, il faudrait d’ailleurs individualiser toute prescription médicale, mais c’est un autre débat…

Comment inventer un régime adapté à chacun ?

Pour cela, il faut d’abord analyser les carences (les déficiences nutritionnelles en vitamines, minéraux, acides aminés, acides gras…), et la tolérance personnelle aux nutriments, aliments, additifs, etc…

Ce phénomène de tolérance intervient au niveau de la paroi intestinale de l’intestin grêle. [1]

On parle aujourd’hui de « tolérance » : les aliments sont décomposés dans notre tube digestif et ces composants ne doivent pas agresser la paroi de notre intestin, sous peine, à la longue, de l’altérer physiquement.

Vous le savez, une bonne digestion, commence dans la bouche.

Nos parents nous le rabâchaient, et comme souvent ils avaient raison : il est capital de bien mâcher.

Pourquoi ? À travers la mastication, la salive joue un rôle essentiel dans le processus de digestion, qui se poursuit dans l’estomac et le haut de notre intestin (duodénum) où les enzymes hépatiques, biliaires et pancréatiques jouent un rôle capital.

Mais c’est au niveau de l’intestin grêle que la partie essentielle va se jouer.

En présence d’un aliment, notre système de défense va réagir de trois façons différentes :

-il le laisse passer sans réagir, l’aliment est reconnu et accepté.
-il réagit quand il ne reconnaît pas l’aliment et fait intervenir le système immunitaire. On parle alors d’hypersensibilité alimentaire.
-il réagit quand certains aliments contiennent des molécules qui entraînent des réactions toxiques non immunologiques : on parle dans ce cas d’intolérance alimentaire.
C’est impressionnant. Le système immunitaire de l’intestin grêle est le plus important du corps. Il est pourvu de cellules immunitaires sur toute sa longueur (5 à 7 m) et sur toute sa surface (environ 200 m² !).

La protection agit de 3 façons :

Un phénomène « d’exclusion » grâce à des anticorps de type IgA : les substances étrangères sont éliminées avant de passer la barrière intestinale.
Un phénomène « d’élimination » : certains agresseurs sont éliminés par les cellules du foie.
Un phénomène de « tolérance orale » par lequel certaines substances étrangères sont « tolérées ».
L’hyperperméabilité intestinale : la porte ouverte à de nombreuses maladies chroniques

L’intestin grêle est habituellement imperméable.

Théoriquement, aucune macromolécule ne peut donc le traverser sans avoir été au préalable décomposée en molécules simples. Cette imperméabilité est réalisée grâce à des jonctions serrées entre les cellules de la muqueuse intestinale.

Mais en réalité, cette étanchéité est rarement totale.

De faibles quantités de macromolécules arrivent à passer malgré tout. Pourtant on ne décèle pas, normalement, de réponse immunitaire : c’est ce que l’on nomme, dans ce cas, un phénomène de tolérance orale.

On le voit, en pratique, l’intestin grêle est donc souvent fragilisé.

Les coupables ? Certaines bactéries, des champignons (mycoses) ou parasites, mais aussi la présence de toxiques issus de notre environnement, comme des métaux lourds, des pesticides, des colorants, des agents conservateurs ou d’autres molécules étrangères à l’organisme (xénobiotiques). Certains traitements au long cours comme les anti-inflammatoires, les antibiotiques ou l’aspirine ne laissent pas indemne cette partie essentielle de notre organisme.

De la même manière, il semble que la présence trop fréquente d’alcool ou de ses dérivés induise, à la longue, une agression. Ces altérations provoquent une modification de la structure des cellules de la paroi intestinale (en anglais « tights junctions »), une aggravation en retour de la dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale) et une diminution de l’étanchéité entre chaque cellule.

Certains aliments incomplètement digérés vont alors traverser « illégalement » la paroi. Le système immunitaire ne les reconnaît plus et va réagir de différentes façons, notamment par des réactions dites « allergiques ».

Ces hypersensibilités alimentaires ou allergies de type III qui nous gâchent la vie

Que se passe-t-il alors ?

Les aliments incriminés vont entraîner l’apparition d’anticorps du type IgG. Ces anticorps, contrairement aux IgE ne provoquent pas de manifestations cliniques immédiates.

Mais ils ne sont pas inoffensifs pour autant. Ils vont former avec l’aliment un « complexe immun » qui sera par la suite déposé dans certains tissus comme la peau ou les articulations.

Ces complexes immuns sont d’autant plus importants que l’aliment est consommé fréquemment et de façon répétitive.

Et c’est là que les problèmes deviennent criants : les dépôts augmentent et entraînent certaines maladies qu’on appelle « auto-immunes » (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite, diabète…).

Il faut le savoir. Un répit est possible !

L’arrêt, même momentané, de la consommation de ces aliments permet à l’organisme d’éliminer ces déchets et de retrouver un état quasi normal. Ce sont ces maladies que le docteur Jean Seignalet appelait d’un terme imagé : « maladies d’encrassage ».

 

Dr Rueff

intestins

Les FODMAPs: deuxième partie

Ça fait longtemps que je n’en ai pas parlé… Les fameux FODMAPs, qui sont responsables des échecs du régime sans gluten ni lactose ainsi que de nombreuses douleurs!

Voici un petit lien très intéressant dessus, le « qu’est-ce que c’est », le »pourquoi » le « comment »…

http://vivreavecuncolonmalade.blogspot.fr/2015/06/regime-pauvre-en-fodmap-que-sont-les-fodmap.html

Capture

Voici le lien aussi d’une page basée sur les références principales qui concerne les FODMAPs avec une énumération assez exhaustive (en plus les quantité à ne pas dépasser):

http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Dietes/Fiche.aspx?doc=diete-fodmap

 

 

Le régime sans gluten,sans lait et dérivés et sans FODMAPs

téléchargement    L’approche alimentaire des FODMAP a été développée par Sue Shepard, nutritionniste australiennene et son équipe , la Monash University of Melbourne. Cette diète a été décrite pour la première fois en 2005. Le mot FODMAP est en fait un acronyme pour désigner un groupe de glucides à chaîne courte présents dans certains aliments et qui sont faiblement absorbés procurant ainsi des substances servant à nourrir les mauvaises bactéries de l’intestin (SIBO nottament). Ce régime est  scientifiquement prouvé pour soulager les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (SII).  En effet, cette diète permettrait un soulagement du syndrome de l’intestin irritable dans environ 75% des cas. La diète FODMAP limite les aliments contenant des glucides ou sucres qu’on dit « fermentescibles ». Ces glucides sont fermentés par les bactéries du côlo1915760_10208965599999552_3941149181647739281_nn et du grêle,  provoquant les symptômes de ballonnements, de gaz dont certains pouvant être toxiques pour l’organisme et de douleurs abdominales souvent caractéristiques du syndrome de l’intestin irritable (mais ces symptômes peuvent être très discrets).Ils vont être de surcroît responsable de l’hyper-perméabilité de l’intestin grêle.(Etude: http://www.hyssopus.fr/documents/pimentel_FBM_2004.pdf )

Le gluten:

gluten_symptomes-950x1384

Deux études récentes permettent de faire un lien entre sensibilité au gluten et fibromyalgie :

Etude °1: http://www.hyssopus.fr/documents/FBM_Gluten_1.pdf

Etude °2: http://www.hyssopus.fr/documents/FBM_Gluten_2.pdf

 

Les FODMAPs

En savoir plus sur les oligosaccharides

     Les oligosaccharides comprennent les fructanes et les galactans (galacto-oligosaccharides ou GOS). Les fructanes sont des chaines de quelques unités de fructose ayant un lien entre chaque unité qui n’est pas digestible chez l’humain. Ils sont faiblement absorbés dans l’intestin et se retrouvent donc à 99% dans le côlon. Par la suite, les bactéries du côlon les fragmentent et il y a alors une fermentation excessive chez les gens atteints du SII. Les galactans comprennent le raffinose et le stachyose.

En savoir plus sur les disaccharides (lactose)

     Les gens atteints de SII peuvent avoir une insuffisance en lactase qui est l’enzyme servant à la digestion du lactose. Par contre, plusieurs personnes toléreraient jusqu’à 6 g de lactose ou l’équivalent de 125 ml (1/2 tasse) de lait.

En savoir plus sur les monosaccharides (fructose)

     En tout temps, le fructose a besoin de glucose pour être absorbé. Son absorption est donc ralentie s’il est en excès par rapport au glucose. Environ une personne sur 3 dans la population générale aurait des difficultés à absorber le fructose. Par contre, certaines personnes auraient plus de difficulté à gérer ces excès de fructose, entres autres, les gens atteints du SII.

En savoir plus sur les polyols

     Les polyols (sorbitol ou sucre du boulot, xylitol, maltitol ou sucre du maïs,…) sont des sucres auxquels on a ajouté chimiquement un groupement hydroxyle Ce lien avec le groupement hydroxyle est plus résistant aux enzymes digestives. De plus, l’absorption des polyols est plus lente que le glucose. Les polyols sont utilisés en industries pour remplacer une partie du sucre car ils possèdent un pouvoir sucrant de 40 à 100% plus élevé que le sucre de table et qu’ils sont hypocaloriques (2 calories par gramme).

Le lait et ses dérivés

Le lactose

      Le lactose est un sucre naturellement présent dans le lait. Pour bien le digérer, il faut posséder une enzyme appelée lactase, dont les mammifères disposent à la naissance. Chez tous les mammifères terrestres, la production de lactase cesse presque complètement après le sevrage.

        Dans le cas des humains, cette enzyme décroît en moyenne de 90 % à 95 % au début de la petite enfance. Toutefois, certains groupes ethniques continuent à produire la lactase jusqu’à l’âge adulte. On dit de ceux qui n’en ont plus qu’ils sont intolérants au lactose : lorsqu’ils boivent du lait, ils souffrent à divers degrés de ballonnements, de gaz, de flatulences et de crampes.

 Capture

Selon les ethnies, la prévalence de l’intolérance va de 2 % à 15 % chez les Nord-Européens, jusqu’à près de 100 % chez les Asiatiques. Face à cette forte variation, les chercheurs se demandent toujours si l’absence de lactase après le sevrage constitue l’état « normal » et si sa persistance parmi les peuples européens serait une mutation « anormale » provenant de la sélection naturelle.

Les protéines (caséine)

     L’intolérance au lactose ne doit pas être confondue avec l’allergie aux protéines du lait qui touche 1 % de la population adulte et 3 % des enfants. Elle est plus grave et provoque des symptômes qui peuvent impliquer le système digestif (douleurs abdominales, vomissements, diarrhée), les voies respiratoires (congestion nasale, toux, éternuements), la peau (urticaire eczéma, « plaques enflées »), et possiblement causer des coliques, des otites, des migraines et des problèmes de comportement.
Les adultes allergiques doivent généralement s’abstenir complètement de consommer des produits laitiers. Chez les jeunes enfants, il arrive fréquemment que l’allergie soit passagère, le temps que le système immunitaire atteigne sa maturité, vers l’âge de trois ans. Après consultation d’un médecin, on peut faire des tentatives de réintroduction du lait tous les six mois pour vérifier si l’allergie est toujours présente.
12417794_986255768132003_8035314618893864583_n

 

Capture
Dans le livret mis à disposition par l’association Hyssopus il vous est expliqué toute les fondement de cette « diète »:

http://www.hyssopus.fr/documents/Livret%20Alimentation%20et%20Fibromyalgie.pdf

Cette association composées entre autre de médecins, continu à faire des recherches sur l’impact de ce régimes sur les patients fibromyalgiques.

Les régimes « sans »

Bilan perso: reportage = très généraliste bien pour info, discussion = très intéressante, Dr Cellier (1er à parler clairement sous lobby industriel (il ne peut prendre parti son discours est peu clair…), la nutritionniste n’y connait pas grand chose à la science de l’alimentation, Mr Cymes commence enfin à changer de discours sur sa vision au sujet des personnes concernées par les régimes sans gluten, l’explication sur les FODMAPs m’a piqué un peu les yeux et les oreilles: la fermentation des sucres n’a pas lieu forcément dans le côlon mais souvent dans le grêle…
Voilà enjoy!

Régime Seignalet oui, mais…

Bon, le régime Seignalet a fait son temps, les recherches ont avancées et les modifications alimentaires se sont affinées en fonction des pathologies mais la base reste la même… Il faudra à ce régime prendre l’importance des effets des FODMAPs.

http://www.thierrysouccar.com/…/une-maladie-delimination-qu…

http://www.thierrysouccar.com/sante/info/quest-ce-quune-maladie-dencrassage-1133